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MongolieEn Mongolie, le paysage change radicalement. Le relief se fait plus valonné, la forêt recule pour laisser place à des prairies ou de la steppe. Singulièrement absent en Russie, le bétail fait son apparition : montons, chèvres, vaches et chevaux. Nous apercevons nos premières yourtes traditionnelles, ces curieuses tentes blanches en forme de cylindre surmonté d’un cône très aplati. On dit « ger » en mongol, à prononcer guer et non jer. Avant ce voyage, j’aurais été incapable de nommer la capitale de la Mongolie et me voilà à Oulan Bator (ou Ulaan Baator). Il y reste encore quelques quartiers de yourtes, d’aspect généralement assez miteux, chaque yourte posée sur son petit carré de terre entouré de palissades. À part ça, la ville s’apparente à d’autres grandes villes, avec ses immeubles, ses maisons collées les unes contre les autres, ses boutiques sans vitrine (comme dans les villes de Sibérie), ses panneaux publicitaires et son agitation bourdonnante. La circulation y est incroyablement dense et totalement anarchique. Ça klaxonne à qui mieux mieux, ça se frôle au millimètre, mais finalement, ça se tamponne assez peu.

L’hôtel dans lequel notre guide locale a réservé nos chambres est carrément luxueux. Le petit déjeuner est un délice, les chambres sont spacieuses et élégamment meublées, avec deux lits très grands et très confortables. Mais il n’est pas encore temps de s’y attarder : partons à la découverte de la ville ! Première étape : le monastère Dangan, le principal ensemble bouddhiste de Mongolie. « Dangan » est la version abrégée du nom, le nom complet ayant trois ou quatre syllabes supplémentaires et étant à peu près imprononçable. Je trouve le lieu assez intimidant, pour moi qui ignore à peu près tout de cette religion, et en même temps très apaisant. Le temple principal abrite une gigantesque statue d’un dieu en bronze doré, très, très impressionnante. Cette statue avait été fondue à l’époque des purges soviétiques. La plupart des lamas en avaient alors été victimes. La religion renaît ces derniers temps et la statue a été à nouveau érigée, il y a quelques années seulement. Également étranges et intimidants, les moulins à prières, que l’on rencontre un peu partout, à l’extérieur comme à l’intérieur des temples, et que les fidèles font tourner avec recueillement.

Dans le temple voisin, de dimension nettement plus modeste, des lamas, dans leurs jolis vêtements jaunes et rouges, célèbrent une cérémonie : étranges incantations et gestes bizarres. Soudain, un des moines sort un téléphone de sa manche (il avait dû le mettre en mode vibreur…) et le colle à son oreille, sans interrompre la chorégraphie. Heureusement, ce n’est pas lui qui chante. Admirable tolérance… Cependant, je reste sur ma faim de comprendre au moins quelques bribes de cette religion si différente des cultes occidentaux.

Nous reprenons des forces dans un élégant restaurant nommé Sissi (si, si !) et ce n’est pas de trop pour surmonter l’épreuve qui nous attend ensuite : la visite du musée d’histoire naturelle. Les salles s’enchaînent les unes après les autres et quand on croit qu’il n’y en a plus, il y en a encore ! Les « plus » : un bon panorama du large éventail de la flore et de la faune que l’on peut trouver en Mongolie et un squelette complet d’un tarbosaure de trois à quatre mètres de haut. Ce devait être un bébé, car à l’âge adulte, il mesurait, paraît-il, de douze à quinze mètres. Les « moins » : des collections entières et autres animaux à plumes et à poils, dans un état de conservation assez inégal (je n’aime pas les animaux empaillés) et une absence quasi-totale d’explications, exceptées quelques trop rares étiquettes en anglais.

Oulan BatorAprès cette visite, un moment de flottement : il est encore trop tôt pour aller manger (encore manger ?) et Yan et notre guide semblent ne pas trop savoir comment nous occuper… La première idée n’est pas géniale à mon goût. Il s’agit de monter en haut d’une colline pour admirer un point de vue sur l’ensemble de la ville. Le coup de la colline et du point de vue, on nous l’a déjà fait et je n’ai rien contre a priori. Mais, là, il y a un nombre incalculable de marches à gravir en plein soleil et il fait une chaleur accablante. Quelques uns restent en bas ; avec Éric et quelques autres, nous iront jusqu’à la station intermédiaire, à mi-hauteur : le point de vue n’est déjà pas si mal. Les plus courageux pourront admirer au sommet un monument construit par les russes, avec une fresque en mosaïque en l’honneur de l’« amitié » russo-mongole.

La seconde idée et nettement meilleure, mais semble inquiéter un peu nos accompagnateurs par les risques qu’elles comporte à leurs yeux. Il s’agit d’aller au grand marché de la ville, qui attire du monde des quatre coins du pays. Gare aux pickpockets ! Le secteur des marchands de yourtes est particulièrement intéressant : on y trouve tout le nécessaire pour fabriquer sa propre habitation en kit, les montants en bois peint en orange et décorés, les cloisons en croisillons extensibles, les larges bandes de toile et de feutre pour couvrir les cloisons et le toit, les sangles et les cordes pour ficeler tout ça, les poêles à bois avec leur cheminées et tous les accessoires à la construction de ces habitations nomades. Si on pouvait en ramener une, cela ferait une super cabane en bas du jardin ! Un tour rapide nous donne ensuite un aperçu des autres secteurs du marché de plein air : des tas de marchandises de toutes sortes, rangés dans des caisses à même le sol, devant des sortes de box de garage. On y remarque en particulier des quantités de rouleaux de scotch d’emballage. La lumière se fait sur la destination de tous les colis débarqués du train à la frontière. Dernière inconnue : comment ont-ils franchi la frontière ? Nous revenons sans encombre à notre minibus qui, heureusement n’a pas été braqué car nous y avions laissé toutes nos affaires.

Après toutes ces émotions, il est grand temps d’aller manger ! Le restaurant qui nous reçoit est apparemment spécialiste de l’accueil des groupes. Le repas est correct, avec un bon point particulier pour un délicieux velouté aux champignons, mais Maurice n’est pas content : ce n’est pas assez chaud. Sacré Maurice ! Après le repas, nous décidons d’aller faire un tour en ville, avec Evelyne et Nicolas. « Soyez prudents » nous recommande Yan. Oui, Papa.

Soukhan BatorPremier objectif : l’immense place centrale et sa statue équestre du grand héros national Soukhan Bator, et puis la poste, juste à côté. Trop facile. Deuxième objectif, plus difficile : trouver un point d’accès à Internet. Les jouets électroniques d’Éric ne marchent plus trop par ici. C’est bon quand même d’avoir quelques nouvelles de la France, de Géoclip, de mes petits, si loin… La connexion n’est pas rapide, mais c’est amusant de voir nos sites familiers sur des écrans pas franchement du dernier cri. Troisième objectif : trouver un bistrot pour fêter ça. On sert à Éric et Nicolas presque autant de vodka que de Coca à Evelyne et moi : ils vont être frais, nos gardes du corps ! Surprise : le téléphone d’Éric reçoit un appel. C’est pour le boulot, la CCI du Gers, une consultation restreinte, date limite : fin de semaine. « Désolé, c’est trop court, je suis en Mongolie », répond Éric. « Il n’y a pas une autre personne pour répondre ? » « Et non, elle est aussi en Mongolie. Vraiment désolé. » C’est vraiment bon d’être en vacances ! Dernier objectif : retrouver l’hôtel avant que la nuit soit vraiment noire. La journée a été longue. Demain, à nous la vie de nomades…

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