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TransmongolienNouveau train, nouveau départ, en route pour la Mongolie. Le niveau de confort est en baisse par rapport au train précédent, mais nous ne sommes toujours que tous les deux, Éric et moi, dans notre compartiment. Un des six compartiments attribués à notre groupe est fermé. Nous nous attendons à y découvrir au moins quelques mongols bien installés et nous nous apprêtons à défendre bravement nos places. La provodnitsa ouvre le compartiment avec son passe : déception, il est vide. BaïkalLe train est occupé pour partie de touristes et pour partie de mongols qui rentrent chez eux visiblement chargés (c’est un euphémisme). Dès le départ, commence un étrange manège chez les mongols de transferts de colis, selon une logique qui nous échappe. En tout cas, pendant les premières heures, je ne vois pas grand-chose, ni des déplacements de colis, ni des rives du lac Baïkal, que la voie de chemin de fer longe un bon moment avant de tourner vers le sud : c’est le sommeil qui l’emporte !

Le transfert de colis se poursuit pendant toute la journée. Des colis, il y en a de toutes les formes, de toutes les tailles, des petits, des gros, des énormes, des légers, des lourds… On déballe d’un côté, on remballe de l’autre. Et surtout, on en met partout et on en cache autant que possible. Les compartiments occupés par des mongols sont pleins du sol au plafond. Il y en a le long des couloirs, derrière les portes des wagons, et même sous le plancher et dans le faux plafond. Il y en a un sous une de nos banquettes, pas très gros, mais très lourd, qu’un gros costaud vient récupérer et peine visiblement à soulever. Qu’y a-t-il à l’intérieur du carton : une batterie de voiture ou de camion ? Nous voyons aussi passer des brassées d’élégants parapluies et des quantités de vêtements divers et variés. Nous saisissons l’occasion, entre femmes, pour marchander un petit ensemble en jean léger : un haut pour Danièle, un bas pour moi, les deux pour Evelyne, tout ça pour un prix dérisoire.

carte du lac BaïkalLe train s’arrête au premier poste frontière peut après 18 heures. Les toilettes sont fermées depuis un moment et ne rouvriront qu’une fois en Mongolie : boire ou ne pas boire, telle est la question ? Les toilettes de la gare sont, paraît-il, d’une saleté si indescriptible que même au Karscher, on aurait de mal à en venir à bout. Je ne suis pas aller vérifier… Les quatre heures d’arrêt sont nécessaires aux douaniers russes pour vérifier nos passeports. Mais ce sont encore les mongols qui assurent le spectacle : ils entreprennent de décharger leurs innombrables colis du train pour aller remplir plusieurs camions qui les attendaient à la gare. Il en sort de partout et pendant un long moment, c’est incroyable ! Le train repart, mais pour un court moment seulement, peut-être un quart d’heure, et s’arrête à nouveau pour le passage de la douane mongole. Deux heures de halte, cette fois. Quand est-ce qu’on dort ? Les douaniers mongols, encore mieux peut-être que leurs collègues russes, vérifient tous les wagons, contrôlent les coffres à bagages, regardent derrière les trappes au sol et au plafond. Le train finit par repartir, à l’heure prévue officiellement, il est environ minuit. Bonne nuit. Mais, pas de répit chez les mongols, qui reprennent leur activité de fourmilière pour déballer et remballer leur marchandise. On entendra le cri des rouleaux de scotch jusque tard dans la nuit. Mais d’où sortent-ils encore tout ça ?

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