Carnet à Spirale
   
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La grasse matinée est la bienvenue, suivie des derniers moments apaisants au bord des eaux limpides du lac, promenade en amoureux le long d’un chemin charmant, sous un sous-bois charmant, longeant un torrent charmant, bordé de charmantes fleurs multicolores. Seules les charmantes poubelles sauvages, laissées par les Russes, pas encore initiés aux subtilités du tri sélectif, nous rappellent que nous ne sommes pas au Paradis sur Terre.

BaïkalLe trajet en bateau pour revenir à Listvianka nous ramène à la réalité : il fait froid sur le lac, ce matin, et la traversée semble plus longue que dans l’autre sens. À terre, notre chauffeur, aux yeux bleus aussi transparents que les eaux du lac, nous attend dans son minibus, pour nous emmener dans la suite de nos visites. La première est pour la petite église traditionnelle de St Nicolas qui, comme beaucoup d’autres depuis la fin de l’époque soviétique, renaît à la vie. Puis nous allons déjeuner dans un restaurant tout en rondins de bois blond, extérieur comme intérieur, qui sert un inoubliable samagon. Puis, nous allons dévaliser une petite boutique de souvenirs, enfin surtout Alain et Danièle, qui ont une grande famille. La boutique se situe au bord de l’Angara, près d’une esplanade le long de laquelle sont installés plusieurs vendeurs de poissons du lac, qu’ils préparent et font sécher sur place, au-dessus de gros braseros fumants et odorants.

Sur la route du retour vers Irkoutsk, nous nous arrêtons au musée de l’architecture du bois, un endroit où ont été rassemblées différents exemples de constructions traditionnelles : fortin, église, maisons d’habitation, yourtes, entièrement en bois. Intéressant, mais rien à voir avec la finesse et l’élégance des constructions de Kiji, dans le grand nord, sur le lac Onega. Une fois revenus en ville, un tour de ville, d’abord en bus, puis à pied, nous permet de découvrir quelques uns des principaux aspects de la ville (trois fois le mot « ville » en deux lignes, c’est pas terrible) : quelques églises, des bâtiments de l’époque soviétique, la « maison aux jambes » (imposant bâtiment administratif construit sur d’énormes piliers en béton, commencé et jamais fini : si on poursuit les travaux, il s’effondre, si on le démolit, les maisons voisines s’écroulent avec)…

VampilovNous croisons en chemin trois statues. La première, c’est Alexandre III. C’est un monument très récent en l’honneur de ce tsar qui fût à l’origine de la construction du Transsibérien. La question était : doit-on l’ériger face à la ligne de chemin de fer et la gare, ou bien orienté vers le centre ville ? Finalement, il est de profil, le regard tourné en direction de Moscou. Nous croisons ensuite un Lénine monumental, comme il en existe encore un bon nombre en Russie, énorme colosse de bronze, le bras fièrement dressé. La troisième est ma préférée. De dimension plus modeste, elle représente un séduisant jeune homme, Alexandre Vampilov, écrivain mort noyé dans le lac Baïkal : accident ou suicide ?

Le soir, nous dînons dans un restaurant caché dans une très belle cave voûtée. À un bout de la salle, un grand feu de cheminée et à l’autre un gros appareil de climatisation : c’est la lutte entre le chaud et le froid. L’animation musicale est assurée par un couple de jeunes chanteurs, mais il n’y a pas grand monde dans la salle, à part notre groupe, pour apprécier leur talent. Sur la table, d’élégants flacons en verre transparent contiennent un joli liquide ambré. Au nez, le parfum est agréable, mais en bouche, « ça décoiffe » ! C’est du samagon, mais à l’inverse de celui de midi dans sa bouteille cachetée, celui-ci semble de provenance plus artisanale : à l’origine, le samagon est l’alcool distillé à la maison, plus ou moins clandestinement, et qui titre toujours plus que de la vodka, réglementairement bloquée à 40°. Après le repas, un petit tour au cybercafé, une petite balade digestive au bord de l’Angara et au dodo : demain le train pour Oulan Bator part de bonne heure.

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