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Aujourd’hui, nous restons sagement avec notre groupe. Le matin, programme très classique : la Place Rouge et le Kremlin. La Place Rouge est partiellement fermée, pour cause de démontage des installations pour la grande fête de la veille au soir. Il paraît que même Poutine était là. Le Kremlin n’a pas changé depuis notre précédente visite, avec ses multiples églises, ses innombrables bulbes dorés, ses remparts rouges, ses canons napoléoniens, son tsar des canons qui n’a jamais tiré et sa tsarine des cloches qui n’a jamais sonné.

St BasileLe restaurant où nous déjeunons ressemble à une boîte de nuit au décor design ultra-moderne. Les toilettes à elles seules méritent un détour pour admirer la déco. Le service est soigné et la cuisine raffinée. Nous sommes les seuls clients : ils ont ouvert spécialement pour nous. Il est temps cependant de prendre une décision douloureuse, qui se prépare depuis ce matin. Cela concerne nos deux mamies Claudine et Colette ; il apparaît de plus en plus évident que Colette ne pourra pas suivre jusqu’à Pékin. Elle serre les dents courageusement, mais elle se déplace avec difficulté et chaque marche d’escalier est un obstacle. Elle voudrait poursuivre le voyage pour ne pas interrompre celui de sa sœur. Claudine, qui réalise enfin son vieux rêve de transsibérien, ne souhaite quand même pas continuer seule en laissant sa sœur derrière elle. Cas de conscience.

Yan les pousse très gentiment, mais résolument, sur la voie de la sagesse, celle du rapatriement sanitaire. Après le repas, il appelle un taxi et les conduit à l’hôpital où les attend un médecin francophone et où elles seront prises en charge par leur compagnie d’assurances. On apprendra, quand Yan nous rejoindra, que l’état de santé de Colette était plus sérieux qu’elle ne le laissait paraître, sans doute des suites du voyage en avion, qu’elle prenait pour la première fois. Quel dommage qu’un tel voyage, prévu pour donner du plaisir, se transforme en une telle galère. Tout cela aurait-il pu être évité ? Je pense que l’agence de voyage aurait pu prévenir davantage des difficultés d’un tel voyage. Ces dames s’étaient pourtant rendues à une des réunions de préparation… J’ai la gorge serrée quand elles montent dans le taxi ; je ne pense pas être la seule. Elles m’ont laissé leur adresse : nous leur enverrons des cartes postales de nos prochaines escales.

Nous repartons de notre côté, à bord de notre minibus, pour un grand tour de ville. Nous arrêtons un moment dans les jardins du monastère du Novodievitchi, puis nous allons nous promener dans le cimetière tout proche, qui abrite plusieurs personnages connus. Curieux endroit pour une promenade ? C’est en réalité un jardin à l’atmosphère paisible, avec de grands arbres, pleins de fleurs et d’herbes folles. Beaucoup de tombes sont spectaculaires, les russes ont décidément depuis fort longtemps un sens aigu de la mise en scène monumentale. Ensuite, visite obligatoire dans une boutique « officielle » de souvenirs : j’ai de beaucoup préféré ceux que j’ai vus au marché, hier matin. En fin d’après-midi, nous allons manger dans un restaurant proche de la Cathédrale Saint Sauveur, où nous retrouvons notre Yan. Gare de IaroslavPuis il est l’heure de nous rendre à la gare de Iaroslav, d’où part le Transsibérien. C’est là que nous quittons notre très sympathique et très énergique guide Nina, qui fait ce métier pour compléter les maigres revenus que lui procure sa pension de retraite.

Le bâtiment de la gare est magnifique, mais les quais où notre train est attendu sont un peu en retrait et à ciel ouvert. Le Transsibérien Moscou-Vladivostok n°2 est prévu pour 21 heures 20 : encore une bonne heure d’attente, le temps de faire quelques dernières provisions : de l’eau et du pain. Par sécurité, nous faisons cercle autour de nos bagages (technique dite de la tortue) à tout de rôle, pendant que les autres vont faire leurs courses. Un autre groupe de Français se prépare à prendre le même train. On m’a appris que ce n’est pas bien de se fier à l’apparence, mais, instinctivement, je n’aime pas leurs têtes.

Catherine et Micha viennent nous dire un dernier au revoir ; à ce moment, une légère et furtive averse vient brièvement verser quelques larmes sur notre séparation. Ils amènent encore des cadeaux pour nous et les enfants : ils sont vraiment adorables. J’espère que Catherine pourra bientôt venir nous voir à Pechbonnieu, peut-être même avec Micha. Après, s’ils ont un bébé, ce sera encore plus difficile. Notre train arrive au quai n°3, nous serons dans la voiture n°9 et nous occuperons à deux le compartiment avec les couchettes n°13 à 16. avant le départCatherine et Micha nous accompagnent jusque dans notre compartiment, pour s’assurer de notre confort et nous prodiguent des tas de conseils de prudence. Je ne sais pas trop ce qu’on a pu leur raconter sur le Transsibérien et ses dangers. Le moment est venu de se dire un dernier au revoir.

Nous prenons possession de nos quartiers. Ce train est bien plus confortable que ce que j’imaginais. Nous occupons à deux un compartiment de quatre couchettes. Nous aurons donc deux étages : en bas le salon et en haut les chambres. Notre intérieur est coquet : des petits rideaux à la fenêtre, des housses en tissu pour recouvrir le skaï des banquette, une petite nappe sur la tablette, un tapis au sol. Notre train, le Rossiya, démarre : c’est le départ, le voyage dans le voyage. Dans le wagon, notre groupe occupe six compartiments sur neuf. Nos provodnik et provodnitsa veilleront sur notre confort pendant tout notre trajet jusqu’à Irkoutsk. Nous nous préparons pour notre première nuit à bord du Transsibérien.

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