Carnet à Spirale
   
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Bon, ça y est, cette fois, nous sommes partis. Nous nous retrouvons tous les deux, Éric et moi, à l’aéroport de Blagnac. J’ai laissé ma maison, mes parents et surtout mes quatre enfants. J’ai un peu un nœud qui se serre au creux du ventre quand je pense à eux. J’en suis sûre : tout va très bien se passer. En fait, nous sommes loin d’être seuls à l’aéroport. C’est fou la quantité de gens qui prennent l’avion. C’est parce que c’est vendredi, paraît-il. Embrouille à l’enregistrement : nous bénéficions d’un tarif couple, mais nous n’avons aucun papier avec le même nom ou la même adresse. Sommes-nous réellement un couple ?

BlagnacMaintenant, nous sommes dans l’avion. Ça y est, cette fois, on est vraiment partis. L’installation est bord est laborieuse. Toute une famille rentre visiblement chez elle, en ramenant des souvenirs pour le reste de la tribu restée au pays (c’est le reste ou la tribu, qui est resté(e) ?). Il y a des poupées plus vraies que nature ; une est aussi haute qu’Émilie, mais avec un look façon Barbie et une opulente chevelure rousse. Il y a aussi un magnifique robot de cuisine et tous ses accessoires, dans un carton pas franchement aux dimensions des bagages en cabine. Les hôtesses pestent intérieurement, très poliment et avec un sourire très professionnel. Elles peinent à caser tout ça, plus le reste, dans les coffres à bagages. Finalement, le robot ménager voyagera sur les genoux du chef de la bande : confort assuré. Bon, cette fois, les moteurs tournent, ça y est, on est vraiment partis.

Météo idéale, visibilité parfaite, décollage impeccable. Nous survolons Toulouse par le sud. J’adore ça, je m’amuse à reconnaître des endroits que je connais d’en bas. Nous prenons de l’altitude. C’est magnifique la France vue d’en haut. Éric y voit un plan cadastral : déformation professionnelle. La mosaïque des champs se dessine dans le cercle du hublot. Le paysage se transforme au fur et à mesure de notre progression. Les champs passent du format timbre poste au format mouchoir de poche, les tracés deviennent plus rectilignes. Nous franchissons la Loire, la frontière est nette : au sud, ciel bleu à perte de vue, au nord, d’adorables petits nuages blancs moutonnent en rangs de plus en plus serrés. Ils semblent compacts et parfaitement immobiles. Nous finissons quand même par les traverser et, en dessous, c’est la ville. La Grande Arche et les tours de la Défense, la Tour Eiffel, la Tour Montparnasse apparaissent nimbées d’un flou artistique pas franchement naturel. En atterrissant, nous ne voyons plus cette brume jaunâtre : nous sommes dedans.

Nous récupérons nos bagages. C’est la première fois que je voyage avec un sac à dos : mieux vaut tard que jamais. Pour une fois, je me sens jeune. Notre prochaine mission : trouver notre hôtel. Roissy, c’est gigantesque, par rapport à notre province. Nous croyons être sur la bonne voie quand nous trouvons un arrêt de bus indiquant « Navettes Hôtels ». Un minibus avec un logo Ibis dessus finit par arriver. La chauffeuse demande : hôtel Ibis : lequel ? Roissy ville ? Roissy pôle ? ou je ne sais plus trop qui ? Euh… c’est-à-dire que… y en a plusieurs ? Coup de fil à l’hôtel (ô indispensable téléphone mobile) : c’est Roissy pôle. Alors, ce n’est pas la bonne navette. Il faut prendre la ligne 5 des navettes Aéroport de Paris. Ah, ces ploucs qui sortent de leur province ! Nous finissons par trouver la bonne navette, qui nous fait visiter les rocades de l’aéroport de Roissy. Enfin l’hôtel. Ça y est, cette fois, nous sommes vraiment, vraiment partis.

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